Accueil Destinations Le Transsibérien
Le thé versé à l'eau bouillante du samovar du wagon, la taïga qui défile pendant une journée entière, une gare à l'aube où l'on descend vingt minutes en pantoufles sur le quai. Neuf mille deux cent quatre-vingt-huit kilomètres entre Moscou et le Pacifique : le Transsibérien n'est pas un moyen d'aller quelque part, c'est le voyage lui-même.
Pourquoi y aller
Commencée en 1891 à Vladivostok et achevée en 1916 avec le pont sur l'Amour à Khabarovsk, la ligne est la plus longue du monde parcourue par un train régulier. Le train n° 2, le « Rossiya », la fait d'une traite en un peu moins de sept jours. On passe de l'Europe à l'Asie dans l'Oural, on traverse l'Ob, l'Ienisseï, l'Amour, on longe le Baïkal pendant plusieurs heures, et l'on gagne sept heures de décalage en route.
Faut-il la faire d'un trait ? Rarement. Sept jours sans descendre, c'est une expérience, mais aussi beaucoup de bouleaux et de couchettes. Nous conseillons presque toujours de couper le trajet en quatre ou cinq étapes : une ou deux nuits à bord, puis deux ou trois jours en ville, et le Baïkal comme cœur du voyage. On peut aussi ne faire qu'une moitié : Moscou–Irkoutsk, ou Irkoutsk–Vladivostok.
Ce qu'on y voit
D'ouest en est. Entre deux, on dort à bord : les plus longs tronçons durent un jour et demi.
Un peu plus de mille huit cents kilomètres après Moscou, le premier grand arrêt. Une stèle marque la limite entre l'Europe et l'Asie à quelques kilomètres de la ville, et c'est ici que la famille de Nicolas II fut exécutée en 1918, à l'emplacement de l'actuelle église sur le Sang-Versé.
La troisième ville de Russie est née du chantier du Transsibérien, pour le pont sur l'Ob. Peu de monuments, mais un très grand opéra, un musée des chemins de fer en plein air et, à côté, la cité scientifique d'Akademgorodok.
La ville s'étale sur l'Ienisseï, et juste au sud, la réserve des Stolby dresse ses piliers de granite au milieu de la taïga : une journée de marche pour se dégourdir les jambes après deux nuits de train.
La raison pour laquelle la plupart des voyageurs font le Transsibérien. Irkoutsk garde ses maisons de bois sculpté, et le Baïkal, le lac le plus profond du monde, est à une heure de route : Listvianka, le chemin de fer circumbaïkalien, l'île d'Olkhon pour qui a trois jours de plus.
Passé le Baïkal, la Sibérie devient bouddhiste. Le monastère d'Ivolguinsk, centre du bouddhisme russe, est à une demi-heure de la ville, et la cuisine bouriate (les bouzy, raviolis à la vapeur) change agréablement du wagon-restaurant.
Une borne kilométrique marquée 9 288 sur le quai de la gare, des collines, des ponts, le Pacifique, et la flotte russe dans la baie de la Corne d'or. Une ville portuaire qui regarde davantage vers la Corée et le Japon que vers Moscou.
Quand partir
Le train roule toute l'année et il est chauffé l'hiver. C'est ce qu'on fait aux arrêts qui dépend de la saison.
Avril – mai
La Sibérie dégèle tard : la neige reste en avril, la boue suit, et le Baïkal ne se libère de ses glaces qu'en mai ou début juin. Peu de voyageurs, des billets faciles à trouver.
Juin – août
La meilleure saison pour marcher au Baïkal, se baigner (brièvement) et profiter des arrêts. Les trains sont pleins, les Russes voyagent aussi : il faut réserver tôt. Tous les wagons ne sont pas climatisés.
Septembre – octobre
Septembre est notre mois préféré : la taïga devient jaune et rouge, les moustiques ont disparu, les trains se vident. Les premières neiges peuvent tomber en Sibérie dès octobre.
Décembre – mars
La Sibérie à − 30 °C vue d'un wagon à + 24 °C, et en février-mars la glace transparente du Baïkal, sur laquelle on marche. Il faut un vrai équipement pour les arrêts, et les journées sont courtes.
En pratique
Le SV, ou première classe, est un compartiment de deux couchettes ; le koupé en compte quatre, avec une porte qui ferme, et c'est le choix le plus courant ; le platzkart est un wagon ouvert de cinquante-quatre couchettes, sans cloison, le plus vivant et le moins intime. Tous ont des draps fournis et une eau chaude à volonté.
Chaque wagon a sa provodnitsa, qui tient son wagon, vend le thé et réveille avant les gares. On apporte ses provisions (nouilles, pain, fruits) et l'on fait des arrêts plus longs, de vingt à quarante minutes, pour acheter sur le quai. Il n'y a pas de douche dans la plupart des wagons, et pas de wifi digne de ce nom en Sibérie.
Sept jours de train sans arrêt d'un bout à l'autre. Avec quatre ou cinq étapes, comptez deux semaines et demie à trois semaines. Moscou–Baïkal seul, avec deux arrêts, se fait en dix à douze jours.
Les cartes bancaires européennes ne fonctionnent pas en Russie, pas plus dans le train qu'ailleurs. Emportez assez d'euros en espèces pour tout le voyage, changés à Moscou ou dans les grandes villes d'étape : les petites gares n'ont pas de bureau de change.
Avant le départ, une précaution propre au Transsibérien : un long voyage avec des arrêts dépasse vite la durée de séjour que permet l'e-visa, et il faut le vérifier dès le choix des dates. Notre page sur le visa russe en 2026 compare les formules, et le site Venir en Russie explique comment remplir la demande.
Le Transsibérien est déjà une combinaison : Moscou au départ, souvent quelques jours de plus, puis Kazan si l'on prend la variante par la Volga, Ekaterinbourg, le Baïkal, Vladivostok. Après le Baïkal, à Oulan-Oude, on peut aussi bifurquer vers la Mongolie par le Transmongolien, ou finir par avion depuis Vladivostok vers le Kamtchatka.
Les autres destinations :
Photo du bandeau : Artem Svetlov from Moscow, Russia, Wikimedia Commons (CC BY 2.0).
Le Transsibérien avec nous
Le Transsibérien n'est pas un train qu'on prend une fois, mais cinq ou six trains, autant d'hôtels et de transferts, des horaires en heure locale à travers sept fuseaux. Nous réservons les billets depuis Moscou, choisissons les wagons, et organisons l'accueil, en français, à chaque arrêt.
D'un trait ou en étapes, sur toute la ligne ou sur une moitié : on construit le trajet ensemble.
Ou parlons d'abord de saison et de durée : nous répondons sous 48 heures.