Accueil Destinations Les îles Solovki
Des murs faits de rochers ronds, certains plus gros qu'une voiture, posés au bord d'une mer grise où la nuit ne tombe pas en juin. Le monastère des Solovki a été fondé au XVe siècle par des moines venus chercher le bout du monde, puis transformé, au XXe, en l'un des premiers camps soviétiques. On vient ici pour les deux histoires à la fois, et pour le silence qu'elles ont laissé.
Pourquoi y aller
Les premiers ermites, Savvati et Guerman, puis Zossime, se sont installés sur l'île dans les années 1430. Le monastère est devenu l'un des plus riches du nord russe : il pêchait, salait, commerçait, et s'est entouré à la fin du XVIe siècle d'une enceinte de blocs erratiques qui a résisté aux sièges. L'ensemble du site, monastère, digues, canaux et sites anciens, est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992.
En 1923, le régime soviétique y a ouvert le camp à destination spéciale des Solovki, le SLON, matrice de ce qui deviendra le Goulag. Prêtres, officiers, intellectuels, paysans : des dizaines de milliers de détenus sont passés par l'archipel jusqu'à la fermeture de la prison en 1939. Le monastère a retrouvé ses moines depuis les années 1990, et la visite oblige à tenir les deux mémoires ensemble. Il faut le dire aussi : c'est un voyage long, cher en logistique, et dont la saison ne dure que trois mois et demi.
Ce qu'on y voit
Le monastère d'abord, puis les îles une à une : les bateaux et les sentiers dépendent du vent, il faut garder un jour de marge.
Une enceinte d'un kilomètre de tour, élevée entre 1584 et 1594 avec des rochers glaciaires, et derrière elle les cathédrales, le réfectoire, les cellules. Une partie est restaurée, une autre encore en chantier ; le musée y raconte à la fois la vie des moines et celle du camp.
L'exposition sur le camp, dans les bâtiments de l'ancienne prison, les baraques et les cimetières dispersés dans la forêt. C'est de l'île qu'a été rapportée la pierre des Solovki, posée en 1990 devant la Loubianka, à Moscou, en mémoire des victimes de la répression.
Sur un îlot à une demi-heure de bateau, des spirales de pierres posées sur la toundra il y a des millénaires, dont personne ne sait l'usage exact. Une treizaine se suivent sur un petit territoire ; on les longe par une passerelle de bois, sans y entrer.
Une colline boisée, à une douzaine de kilomètres du monastère, coiffée d'une église qui sert aussi de phare. Pendant le camp, c'était le cachot disciplinaire le plus redouté de l'archipel. Un long escalier de bois en descend, et la vue sur les forêts et les étangs s'étend jusqu'à la mer.
La plus sauvage des îles habitées, avec ses ermitages, dont celui du Golgotha, au sommet d'une colline. L'accès y est réglementé et se fait en groupe accompagné, par bateau, sur une journée : à réserver bien avant de partir.
Une digue de blocs de pierre, longue d'environ un kilomètre, bâtie par les moines au XIXe siècle pour relier deux îles, et un réseau de canaux entre les lacs de la grande île. On les fait à vélo ou en barque, au rythme de l'archipel.
Quand partir
La navigation va de juin à la fin septembre : en dehors, on ne vient plus que par avion, et presque tout est fermé.
Mai
La glace quitte la mer Blanche tard, souvent en mai, et les bateaux ne reprennent qu'en juin. Le printemps n'est pas une saison de visite ici.
Juin – juillet
Le soleil se couche à peine, la lumière dure toute la nuit. C'est le cœur de la saison, avec les moustiques qui l'accompagnent : répulsif et manches longues indispensables.
Août – septembre
Les nuits reviennent, les moustiques s'en vont, les baies mûrissent dans la forêt. La mi-juillet à la mi-août est la période la plus demandée ; septembre est plus calme, plus frais, et la mer plus agitée.
Octobre – avril
La mer gèle, les bateaux s'arrêtent, seuls les avions d'Arkhangelsk desservent encore l'île. Moins d'un millier d'habitants y restent : une expérience possible, mais pas un voyage de découverte.
En pratique
Par le train de Moscou jusqu'à Kem, en Carélie, environ dix-sept heures pour le plus rapide, puis deux heures de bateau depuis le port voisin de Rabotcheostrovsk. Ou par avion depuis Arkhangelsk, environ une heure de vol. Les places sont rares en haute saison : nous prenons les billets avec vous, très tôt.
Un seul village, autour du monastère, et des pistes en terre. On se déplace à pied, à vélo de location, et en bateau ou en voiture tout-terrain pour les sites éloignés, avec les excursions organisées du musée.
Trois jours pleins sur l'île au minimum, quatre pour Anzer, plus deux jours de trajet de chaque côté depuis Moscou. La météo décide souvent : un jour de réserve évite de manquer le bateau du retour.
Les cartes bancaires européennes ne fonctionnent pas en Russie, et l'île a peu de distributeurs : emportez des roubles en espèces en quantité suffisante dès le continent. Hébergement et excursions sont plus chers que la moyenne russe, faute de concurrence.
Pour l'entrée en Russie : l'archipel ne demande aucun permis particulier, seulement le visa ordinaire, contrôlé à l'arrivée à Moscou ou à Saint-Pétersbourg. Quel visa russe demander en 2026, c'est sur notre page ; Venir en Russie montre comment remplir le dossier.
La route des Solovki passe par la Carélie : le train de Kem longe le lac Onega, et Petrozavodsk ou Kiji s'ajoutent sans détour, à l'aller ou au retour. Côté Arkhangelsk, on rentre ensuite par Moscou ; et ceux qui veulent pousser plus au nord continuent vers Mourmansk, sur la même ligne de chemin de fer.
Les autres destinations :
Photo du bandeau : Александр Байдуков, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).
Les Solovki avec nous
Trains complets, bateau du matin, hébergements rares, excursions limitées en nombre, Anzer sur autorisation : aux Solovki, ce qu'on n'a pas réservé d'ici n'existe pas. Nous assemblons tout cela à l'avance, avec une marge pour la météo, et un accompagnateur francophone pour raconter le monastère et le camp.
Les Solovki se combinent avec la Carélie en une semaine, trajets compris.
Ou demandez-nous d'abord ce qui est possible à vos dates : réponse sous 48 heures.