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Dans la terre humide de Novgorod, des archéologues ramassent depuis 1953 des bouts d'écorce de bouleau griffés de lettres : des comptes, des reproches, une déclaration d'amour, les devoirs d'un petit garçon. La ville qui les a écrits avait une assemblée, des marchands hanséatiques et une cathédrale de pierre quand Moscou n'était encore qu'un village. On la parcourt aujourd'hui au bord du Volkhov, au pas lent qu'elle impose.
Pourquoi y aller
Pendant plus de trois siècles, jusqu'à sa soumission à Moscou en 1478, Novgorod fut une république marchande gouvernée par une assemblée, le vétché, qui élisait ses magistrats et pouvait renvoyer son prince. Elle commerçait avec la Hanse, contrôlait le nord jusqu'à la mer Blanche, et sa richesse se lit encore dans ses églises : plusieurs dizaines subsistent, dont beaucoup antérieures à l'invasion mongole, que Novgorod n'a jamais subie. L'ensemble est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992.
La ville a été très détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, puis patiemment restaurée, et elle est aujourd'hui calme, de taille humaine, presque provinciale. C'est sa force : tout se fait à pied, sur les deux rives du Volkhov, en deux jours sans courir. Ce qu'il faut accepter, c'est que plusieurs églises n'ouvrent qu'à certaines heures, ou sont en restauration : mieux vaut savoir lesquelles avant de partir.
Ce qu'on y voit
Le kremlin le premier jour, la rive marchande le second : c'est l'ordre dans lequel la ville s'est construite.
Une enceinte de brique rouge du XVe siècle, sur la rive gauche du Volkhov, plantée de pelouses où les habitants viennent s'asseoir. Les Novgorodiens disent détinets, et non kremlin : le mot est plus ancien.
Bâtie de 1045 à 1050, c'est l'une des plus anciennes églises de pierre de Russie encore en service. Murs épais, intérieur sombre, et à l'ouest les portes de bronze romanes du XIIe siècle, venues d'Occident, peuplées de petites figures.
Une immense cloche de bronze inaugurée en 1862 pour les mille ans de l'arrivée de Riourik, couverte de plus d'une centaine de personnages, des princes aux écrivains. On en fait le tour lentement : c'est une leçon d'histoire en trois dimensions.
Sur l'autre rive, par la passerelle, l'ancien quartier du marché : la cathédrale Saint-Nicolas, fondée en 1113, et une grappe d'églises de marchands. Non loin, l'église du Sauveur-de-la-Transfiguration, rue Ilyine, garde des fresques de Théophane le Grec, de 1378.
Le monastère de Iouriev, à quelques kilomètres au sud, au bord du lac Ilmen, et sa cathédrale de 1119. Juste à côté, le musée en plein air de Vitoslavlitsy rassemble des églises et des isbas de bois venues de toute la région : les deux se font dans la même demi-journée.
Le premier a été trouvé en juillet 1953 ; on en compte aujourd'hui plus d'un millier, conservés par l'argile. Les plus parlants sont exposés au musée du kremlin, dont les dessins d'Onfim, un garçon du XIIIe siècle qui s'ennuyait pendant ses leçons.
Quand partir
Entre le lac Ilmen et les marais, le climat est humide : la belle saison est courte, mais elle est douce.
Avril – mai
La glace quitte le Volkhov en avril, les pelouses du détinets reverdissent en mai. Des journées fraîches et souvent ventées, et peu de visiteurs.
Juin – août
De très longues journées, presque des nuits blanches fin juin, et des soirées douces sur la plage qui longe le kremlin. Les moustiques se font sentir vers Vitoslavlitsy et le lac.
Septembre – octobre
Septembre reste agréable et les arbres du détinets jaunissent. À partir d'octobre, la pluie et le vent du lac rendent les promenades plus courtes.
Décembre – mars
Un hiver gris et humide, entre moins cinq et moins dix, avec des journées très courtes. Les remparts sous la neige ont leur beauté, mais Vitoslavlitsy et les monastères excentrés deviennent moins accessibles.
En pratique
Depuis Moscou, un train de nuit part chaque soir de la gare de Léningrad et arrive au petit matin, en un peu moins de neuf heures. Depuis Saint-Pétersbourg, la Lastotchka met de deux à trois heures selon les trains. Nous prenons les billets avec vous.
Le centre, sur les deux rives, se fait entièrement à pied. Pour le monastère Saint-Georges et Vitoslavlitsy, à quelques kilomètres, un taxi ou un bus urbain suffisent.
Deux jours permettent de tout voir sans se presser. Une seule journée depuis Saint-Pétersbourg est possible, mais on renonce alors à Iouriev et Vitoslavlitsy, ou au musée.
Les cartes bancaires européennes ne fonctionnent pas en Russie : emportez des espèces, euros ou roubles, à changer en ville. Les prix sont nettement plus bas qu'à Saint-Pétersbourg.
Quant au visa : Novgorod n'a pas de vols internationaux, on y arrive par Moscou ou Saint-Pétersbourg, et c'est là qu'il se contrôle. Ce qu'il faut savoir du visa russe en 2026 tient sur notre page, et Venir en Russie détaille chaque rubrique du formulaire.
Veliki Novgorod se trouve presque sur la ligne de Moscou à Saint-Pétersbourg : c'est l'étape idéale entre les deux capitales, par le train de nuit dans un sens et la Lastotchka dans l'autre. Avec Pskov, à quelques heures de route, elle compose un circuit des vieilles républiques du nord-ouest.
Les autres destinations :
Photo du bandeau : Vityavo, Wikimedia Commons (CC0).
Veliki Novgorod avec nous
À Novgorod, la moitié du plaisir tient à ce qu'on sait de la république, du vétché et des lettres d'écorce ; l'autre moitié, à trouver ouvertes les églises qui comptent. Nous vérifions les horaires d'ici, nous calons le train de nuit et la Lastotchka, et un guide francophone vous retrouve à la gare.
Novgorod se glisse en deux jours entre Moscou et Saint-Pétersbourg.
Ou parlons-en d'abord : nous répondons sous 48 heures, sans engagement.