Le GUM illuminé et sa patinoire sur la place Rouge, avec le grand sapin, un soir d’hiver à Moscou

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Le Nouvel An à la russe : du sapin de la place Rouge au 7 janvier

En Russie, le Nouvel An est la grande fête d'hiver, et Noël vient après : l'Église orthodoxe le célèbre le 7 janvier. Entre les deux, le sapin, les mandarines et la salade Olivier occupent des congés qui iront, cet hiver, du 31 décembre 2026 au 10 janvier 2027.

· 5 min de lecture · par Aventurusse

Si vous arrivez à Moscou fin décembre en pensant trouver un Noël à l'européenne, vous serez surpris. Les guirlandes sont là, le sapin aussi, les vitrines brillent, mais tout ce décor annonce le Nouvel An, la vraie grande fête de l'hiver russe. Noël vient ensuite, le 7 janvier, et il garde un caractère religieux. Pour comprendre cet ordre inattendu, il faut remonter trois siècles en arrière et passer par l'histoire soviétique. C'est aussi ce qui explique pourquoi la Russie s'arrête presque entièrement pendant la première quinzaine de janvier.

Pourquoi le Nouvel An passe avant Noël

Tout commence avec Pierre le Grand. Par un décret de 1700, il fixe le début de l'année au 1er janvier, comme dans le reste de l'Europe, et fait durer les réjouissances sept jours. Après sa mort, la coutume s'affaiblit. C'est Catherine II qui la relance, cette fois comme une fête profane, détachée de l'Église. Le Nouvel An russe est donc, dès l'origine, une fête de l'État et de la société plutôt qu'une fête religieuse.

Le décalage avec Noël arrive en 1918. Cette année-là, la Russie abandonne le calendrier julien pour le calendrier grégorien, celui que nous utilisons en France. L'Église orthodoxe, elle, reste fidèle à l'ancien calendrier. Le 25 décembre julien tombe désormais le 7 janvier grégorien : voilà pourquoi les Russes fêtent Noël après le Nouvel An, et non avant. Ce Noël orthodoxe n'est redevenu un jour férié qu'en 1990.

Du sapin de Noël à la iolka soviétique

Pendant les campagnes antireligieuses, de 1929 à 1947, le 1er janvier est un jour travaillé comme un autre. Pourtant, le sapin revient dès 1935. Dans la Pravda, le dirigeant Pavel Postychev propose de reprendre les traditions de Noël « sous une forme laïque » pour les enfants soviétiques. Le sapin de Noël devient la iolka du Nouvel An, l'étoile remplace les symboles religieux, et la fête change de sens sans changer d'apparence. Le 1er janvier redevient férié en 1947.

Les cadeaux, eux, ne viennent pas du Père Noël. C'est Ded Moroz, le Grand-père Gel, qui les apporte, en long manteau et avec un bâton. À partir de 1937, il est accompagné de sa petite-fille, Snegourotchka, la Fille des neiges. Le duo est partout pendant les fêtes : dans les spectacles pour enfants, sur les affiches, dans les vitrines. Si vous voyagez avec des enfants, c'est le personnage qu'ils croiseront le plus souvent, bien plus qu'un renne ou un traîneau.

Le réveillon: mandarines, vieux films et salade Olivier

Le soir du 31 décembre a ses rituels, que presque toutes les familles reprennent. Le sapin est décoré, les mandarines sont posées sur la table, et la télévision passe les vieux films soviétiques que tout le monde connaît par cœur, ainsi que l'émission de variétés « Goluboï ogoniok ». On reste à la maison, entre proches, et le repas s'étire tard dans la nuit. Si vous êtes invité dans une famille russe ce soir-là, sachez que c'est une marque de confiance.

Au centre de la table trône la salade Olivier. Elle porte le nom de son inventeur, le cuisinier Lucien Olivier. Avant 1917, elle faisait fureur chez les riches de Moscou et de Saint-Pétersbourg, avec de la gelinotte, des queues d'écrevisses et une sauce provençale. Les cuisiniers soviétiques l'ont rendue accessible : la gelinotte a laissé place au saucisson, les câpres aux petits pois en conserve, la sauce à la mayonnaise. C'est cette version modeste qui est devenue le plat du Nouvel An dans tout le pays.

La salade Olivier au restaurant

Vous la trouverez sur beaucoup de cartes toute l'année, parfois sous le nom de « salade russe ». Pour la reconnaître et choisir le reste du menu sans vous tromper, notre article Manger russe sans se tromper de carte vous donne les repères.

Onze jours de congés, du 31 décembre au 10 janvier

Depuis 2013, les congés du Nouvel An vont du 1er au 8 janvier, Noël orthodoxe compris. Selon le calendrier publié par le ministère du Travail, l'hiver 2026-2027 offre onze jours de repos d'affilée, du jeudi 31 décembre 2026 au dimanche 10 janvier 2027, un jour de moins que l'hiver précédent. Pendant cette période, les Russes sortent, patinent, se promènent dans les parcs illuminés et voyagent eux aussi. Les villes ne se vident pas : elles changent de rythme, avec moins de bureaux et plus de promeneurs.

Pour un voyageur, c'est le meilleur moment pour voir la fête de l'intérieur, au milieu des familles. Notre départ du 3 au 11 janvier 2027 tombe presque entier pendant ces congés, Noël orthodoxe du 7 janvier compris. Celui du 21 au 29 décembre 2026 vous fait vivre les décorations et les préparatifs, quand les deux villes s'illuminent pour la fête. Et sur l'un comme sur l'autre, vous pouvez être là le soir du 31 : l'option Nouvel An du voyage Noël féérique ajoute quatre nuits d'hôtel, après le groupe sur le départ de décembre, avant lui sur celui de janvier, avec les transferts et notre assistance francophone 24 h/24. Elle se demande à la réservation, pas sur place : les chambres de la Saint-Sylvestre se bloquent des semaines à l'avance.

La place Rouge en hiver: la patinoire et la foire du GUM

Chaque hiver, une patinoire et une foire de chalets s'installent devant le GUM, le grand magasin qui borde la place Rouge, avec un grand sapin. On y patine face au Kremlin, puis on fait le tour des stands avant d'aller voir de près les coupoles de Saint-Basile, qui n'est pas une église, mais dix. Le soir, avec les illuminations, c'est l'image même du Nouvel An moscovite. Pour circuler entre ces quartiers sans perdre de temps dans le froid, le métro de Moscou reste le moyen le plus simple. Toutes nos adresses sont réunies sur la page Moscou.

Le voyage Noël féérique: de Moscou à Saint-Pétersbourg

Notre voyage Noël féérique en Russie dure 9 jours et 8 nuits, pour 12 voyageurs au plus. À Moscou, il passe par la foire de la place Rouge, le Kremlin, la galerie Tretiakov, la cathédrale du Christ-Sauveur, la patinoire de VDNKh et le couvent de Novodievitchi. On découvre ainsi la ville sous ses deux visages d'hiver : celui des fêtes populaires et celui des grands lieux de l'histoire russe, qui prennent sous la neige une tout autre allure.

Le voyage continue ensuite à Saint-Pétersbourg en Sapsan, le train rapide, en environ 4 heures. Là-bas vous attendent le palais Catherine à Tsarskoïe Selo, le palais Ioussoupov et l'Ermitage. L'hiver est aussi la saison où la ville se visite avec le moins de monde, comme nous l'expliquons dans Saint-Pétersbourg en hiver : la ville sans la foule.

Avant de partir

Le visa se prépare à l'avance : toutes les étapes et les tarifs sont sur notre page visa Russie 2026. La Russie reste une destination bon marché ; pour les ordres de grandeur, voyez notre budget voyage Russie 2026. Pour la valise, Thomas, qui vit en Russie, explique comment s'habiller pour l'hiver russe.

Vivre le Nouvel An russe de l'intérieur

Patinoire de la place Rouge, Kremlin, Ermitage et palais Catherine : 9 jours entre Moscou et Saint-Pétersbourg, en petit groupe de 12 voyageurs au plus, départs du 21 au 29 décembre 2026 et du 3 au 11 janvier 2027, avec une option pour rester jusqu'au soir du 31.

Découvrir le voyage Noël féérique

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